Kénédougou — Le marigot de Bléni, dans la commune de Sindo, a été le théâtre d’un drame qui a coûté la vie à trois jeunes hommes. Le vendredi 11 septembre 2026, leur tentative de traversée pour acheminer des sacs d’engrais vers N’Dana, dans la commune voisine de Samorogouan, s’est transformée en tragédie.
Il était environ 14 heures lorsque les trois jeunes ont pris la direction du marigot avec une cargaison de onze sacs d’engrais. Ils devaient rejoindre N’Dana pour livrer la marchandise à un acheteur. Mais leur arrivée n’a jamais été signalée.
L’inquiétude s’est rapidement installée. Dès la soirée, des habitants des villages riverains se sont mobilisés pour retrouver les disparus. Les recherches se sont poursuivies dans la matinée du samedi 12 septembre.
C’est finalement au fond du marigot que les premiers éléments de réponse ont été retrouvés. Les trois pirogues utilisées pour la traversée ainsi que les onze sacs d’engrais ont été localisés avant 10 heures. Les dépouilles des trois jeunes ont été repêchées quelques heures plus tard, entre 11 heures et midi.
Une traversée devenue fatale
Les raisons précises de l’accident restent difficiles à établir. Aucun témoin n’aurait assisté directement au drame.
Le propriétaire de la cargaison, Tiémoko Traoré, explique que le passeur qui effectuait habituellement ce trajet n’était pas disponible le jour des faits. Les trois jeunes auraient alors proposé de transporter eux-mêmes les sacs jusqu’à N’Dana, assurant connaître le parcours.
Le président du Conseil villageois de développement de Bléni, Moussa Dao, souligne pour sa part les difficultés particulières liées à cette traversée en cette période de montée des eaux. Une situation qui rend les déplacements sur le marigot plus délicats.
Des familles plongées dans le deuil
Les victimes, âgées de 16, 22 et 22 ans, étaient toutes des agriculteurs. L’une d’elles laisse derrière elle une épouse enceinte.
À Bléni, N’Dana et Sokoro, villages d’origine des victimes, l’émotion reste vive. Pour les familles, la disparition brutale de ces jeunes constitue une lourde épreuve.
Adama Traoré, père de l’une des victimes, se souvient notamment d’un jeune homme qui savait nager mais qui exprimait régulièrement sa crainte des déplacements en pirogue. Son fils, dit-il, était parti ce jour-là sans prévenir les siens.
Les autorités appellent à la prudence
Après le drame, les autorités locales ont engagé les démarches nécessaires. Informé de la situation, le président de la délégation spéciale de Sindo, Salfo Dayamba, indique avoir rendu compte à sa hiérarchie. Sur instruction du procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Orodara, les constatations d’usage ont été effectuées par l’infirmier chef de poste de Bléni avant la remise des corps aux familles.
Ce nouvel accident remet en lumière les risques liés aux traversées des cours d’eau en période de forte montée des eaux.
Le PDS de Sindo appelle ainsi les populations à renforcer leur vigilance et à éviter toute prise de risque lors des déplacements sur les plans d’eau.
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