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Orodara : l’ONG ASMADE mobilise les leaders communautaires contre le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines

Publié le 14 Octobre 2026, 09:29am

Catégories : #ACTUALITE

Réunis le mercredi 14 octobre 2026 dans la salle des fêtes de la mairie de Orodara, des leaders coutumiers et religieux, des représentants de l’administration et des organisations de la société civile ont été invités à renforcer leur engagement en faveur de l’abandon du mariage d’enfants et des mutilations génitales féminines dans la province du Kénédougou. Une initiative portée par l’ONG ASMADE dans le cadre du sous-projet « Sukaabè Rewbè » qui signifie en mariage d'enfant en fulfuldé.

Les participants à la l'atelier

Le combat contre le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines (ME/MGF) nécessite une mobilisation collective et un engagement accru des acteurs communautaires. C’est dans cette perspective que l’ONG ASMADE a organisé, ce mercredi 14 octobre 2026 à Orodara, une rencontre de plaidoyer destinée aux leaders communautaires de la province du Kénédougou.

Cette activité s’inscrit dans le cadre du sous-projet « Sukaabè Rewbè », mis en œuvre au titre du programme régional SWEDD+, consacré à l’autonomisation des femmes et au dividende démographique au Sahel. Elle vise à renforcer la prise de conscience des acteurs locaux sur les conséquences néfastes du mariage d’enfants et des mutilations génitales féminines, tout en suscitant des engagements concrets pour l’abandon de ces pratiques.

Représentant la secrétaire exécutive de l’ONG ASMADE, W. Caroline TAPSOBA, chargée de la gestion du partenariat et du marketing plaidoyer, a insisté sur la nature participative de la rencontre. Pour elle, il ne s’agissait pas d’une formation classique, mais d’un cadre d’échanges francs et ouverts entre les différents acteurs.

L’objectif, a-t-elle expliqué, est de permettre aux participants de partager leurs expériences, d’identifier des pistes d’action adaptées aux réalités locales et de prendre des engagements forts en faveur de la protection des filles. Elle a également souligné l’importance de la contribution des leaders coutumiers et religieux, de l’administration et des organisations partenaires dans la dynamique nationale de lutte contre les violences basées sur le genre.

La Camarade W. Caroline TAPSOBA, représentante la secrétaire exécutive de l’ONG ASMADE,

Des leaders communautaires interpellés sur leur responsabilité

Présidant l’ouverture de la rencontre, le Haut-Commissaire de la province du Kénédougou, Saïdou SAKIRA, a rappelé les conséquences néfastes du mariage précoce sur la vie des jeunes filles et sur la cohésion entre les familles et les communautés.

Il a notamment appelé à multiplier les cadres de dialogue et de sensibilisation afin de favoriser l’abandon de ces pratiques. Le premier responsable de la province a invité les leaders coutumiers et religieux à jouer pleinement leur rôle auprès des populations, en mettant l’accent sur l’illégalité de ces pratiques et la nécessité de protéger les droits des filles.

Le Haut-Commissaire a par ailleurs salué l’initiative de l’ONG ASMADE et réaffirmé la

disponibilité de l’administration provinciale à accompagner les actions de cette nature.

Camarade Saïdou SAKIRA, Haut-Commissaire de la Province du Kénédougou

Pour Fatoumata Béné/Zongo, directrice provinciale de la Famille et de la Solidarité du Kénédougou, cette rencontre revêt une importance particulière en raison de la diversité des acteurs mobilisés. Elle a salué la participation des chefs coutumiers et religieux, des représentants des comités villageois de développement (CVD) et des autres acteurs communautaires.

Selon elle, les échanges ont permis de constater une réelle volonté des participants de contribuer à la lutte contre le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines. Elle s’est dite satisfaite du déroulement de l’activité, qu’elle considère comme une étape encourageante dans la mobilisation communautaire.

Un engagement collectif pour changer les comportements

Au-delà des discours institutionnels, la rencontre a également permis aux participants d’exprimer leur volonté de s’impliquer davantage dans la prévention de ces pratiques.

Achille Ouattara, membre du Réseau africain jeunesse, santé et développement (RAJS), section du Kénédougou, estime que la lutte contre le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines concerne l’ensemble de la communauté. Il a appelé à une synergie d’actions entre les différents acteurs afin de faire reculer ces phénomènes.

Dans la même dynamique, André Traoré, président de la communauté chrétienne de la paroisse Notre-Dame d’Afrique de Orodara, a souligné l’importance de la sensibilisation et de l’information pour provoquer un changement durable des comportements. Il a exprimé sa volonté de contribuer à la diffusion des messages de prévention au sein de sa communauté.

Ces interventions traduisent l’importance accordée au rôle des responsables communautaires dans la transformation des normes sociales qui favorisent la persistance de ces pratiques.

Des engagements à traduire en actions concrètes

À travers le sous-projet « Sukaabè Rewbè », l’ONG ASMADE entend consolider les acquis des précédentes interventions et renforcer la protection des adolescentes, notamment dans les provinces du Bam, du Boulgou, du Houet et du Kénédougou.

La démarche prévoit notamment la mobilisation de 120 leaders communautaires dans les quatre provinces concernées, la formalisation de leurs engagements et la mise en place de mécanismes de suivi pour apprécier les progrès accomplis.

De la droite au milieu, le Chef de terre et le Chef du village de Orodara

À Orodara, le défi reste désormais de traduire la volonté exprimée au cours des échanges en actions concrètes au sein des familles, des lieux de culte et des communautés. Car, au-delà des engagements verbaux, l’abandon durable du mariage d’enfants et des mutilations génitales féminines dépendra de la capacité des acteurs à maintenir la sensibilisation, à prévenir les pratiques néfastes et à protéger les filles.

Cette mobilisation rappelle que la protection de l’enfance et la promotion des droits des filles constituent une responsabilité partagée, essentielle à la construction de communautés plus justes et résilientes.

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